PCB

Les polychlorobiphényles (PCB) forment une famille de 209 composés aromatiques organochlorés dérivés du biphényle. Ils sont industriellement synthétisés, et chimiquement proches des polychloroterphényles, polychlorodibenzo-furanes et des dioxines.

L’alimentation est la première source d’exposition aux PCB (90 % de l’exposition totale, surtout via des produits d’origine animale : poisson, viande, œufs, produits laitiers. Les PCB sont toxiques, écotoxiques et reprotoxiques (y compris à faible dose en tant que perturbateurs endocriniens). Ce sont des polluants ubiquitaires et persistants (demi-vie de 94 jours à 2 700 ans selon les molécules). Leur toxicité (en équivalent-toxique) est réputée varier selon leur poids moléculaire (cf nombre d’atomes de chlore) et selon la configuration spatiale de leurs molécules. Très liposolubles, ils font partie des contaminants bioaccumulables fréquemment trouvés dans les tissus gras chez l’humain (dont le lait maternel). Ils sont classés comme «  cancérogènes probables » (groupe 2A du CIRC) pour les cancers hépatobiliaires (cancer du foie, cancer des voies biliaires, cancer du pancréas), et le PCB 126 a été classé cancérogène certain. Sont bioaccumulables dans le réseau trophique notamment par les poissons gras et de leurs prédateurs dont oiseaux pêcheurs et mammifères marins tels que cétacés. Certains animaux prédateurs mobiles et grands migrateurs (phoques et cétacés en particulier) peuvent aussi les « exporter » (phénomène dit de « bioturbation ») dans des régions éloignées des sites pollués, via leurs déplacements et leurs cadavres à cause de la place qu’ils occupent dans la chaîne alimentaire.

En 1972, la Suisse a interdit l’utilisation des PCB dans les systèmes ouverts en raison de leur nocivité pour l’homme et pour l’environnement. Une interdiction générale a suivi en 1986. Les mesures de réduction prises depuis cette date ont permis une baisse notable de la charge de PCB à laquelle est exposée la population. Il s’agit désormais de continuer à appliquer ces mesures de manière systématique.

Les PCB font partie des polluants organiques persistants (POP). Ils sont difficilement dégradables et s’accumulent dans la chaîne alimentaire. Omniprésents dans l’environnement, ils sont ingérés quotidiennement en petites quantités par le biais de la nourriture. Ayant adhéré à la Convention de Stockholm, la Suisse s’est engagée à identifier le plus rapidement possible tous les PCB et à les détruire dans les installations ad hoc. La présence potentielle de PCB est évaluée sur la base du mode de construction, de la date de construction, de la date de remplacement des joints et des documents de construction. 

Les matériaux d’étanchéité des joints sont la principale source de PCB à l’intérieur des bâtiments. On en trouve dans environ la moitié des immeubles en béton construits entre 1955 et 1975 (constructions à ossature et par éléments). Bâtiments publics et privés sont concernés : écoles, gymnases, piscines, hôpitaux, maisons de retraites, bâtiments administratifs, grands immeubles d’habitation, centres commerciaux, lofts, et autres bâtiments industriels ou commerciaux. Les PCB sont présents dans les masses d’étanchéité des joints (joints de séparation, de raccord, d’éléments et de contraction) et dans les joints extérieurs, intérieurs et continus.

Lorsqu’il existe un risque que les joints d’un bâtiment à rénover ou à détruire (déconstruction) contiennent des PCB, il est obligatoire de procéder à une analyse desdits joints avant les travaux (conformément aux législations sur le travail et la protection de l’environnement). Sinon, les travaux d’assainissement et de déconstruction peuvent menacer la santé des ouvriers, des futurs occupants du bâtiment. Ils présentent un risque pour l’environnement et pour l’homme par le biais de la chaîne alimentaire. Il convient, en outre, de préciser que la charge pour les occupants du bâtiment est dans ce cas nettement plus élevée qu’avant les travaux. L’assainissement des joints contenant des PCB doit être effectué par des spécialistes.

Filières de traitement des déchets

Teneur PCB (mg/kg)

Filière de traitement

Législation

< 50

Usine d’incinération des ordures ménagères

art.40 OTD

≥ 50

Usine d’incinération des déchets spéciaux

art.41 OTD

Des grandes quantités de PCB étaient également utilisées comme plastifiant dans les peintures anticorrosion (notamment dans les vernis au caoutchouc chloré). Les constructions hydrauliques en acier, les installations industrielles et d’épuration ainsi que les piscines sont particulièrement concernées. Le rapport de l’OFEV « Produits anticorrosion et émissions de PCB » énumère les différentes applications et renseigne sur la marche à suivre pour éliminer les anciens revêtements contenant des PCB.

Les lignes directrices de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) sur les masses d’étanchéité des joints aux PCB contiennent des informations pratiques sur la collecte des échantillons, les mesures, les analyses de l’air ambiant, l’évaluation du risque et la marche à suivre correspondante ainsi que sur les mesures de protection.

S’il existe un risque que les joints du bâtiment contiennent des PCB, on ne les soumet à des analyses chimiques que lorsque des personnes séjournent relativement longtemps dans le bâtiment et que ce dernier contient de nombreux joints. Si les analyses révèlent un risque de pollution de l’air ambiant, on procède à une analyse du taux de PCB.

Quand de telles analyses doivent-elles être effectuées ?

Des analyses de l’air ambiant doivent être effectuées lorsque l’on suspecte une forte pollution intérieure par les PCB dans des bâtiments utilisés régulièrement. C’est plus particulièrement le cas quand :

  • des masses d’étanchéité des joints contenant des PCB en quantité de l’ordre de grandeur du pour cent sont en contact avec l’espace intérieur (joints de raccordement des fenêtres et des portes, joints de dilatation et de retrait) ;
  • on se trouve en présence d’un composé PCB faiblement chloré (par ex., Clophen A30 à A50) dans les masses d’étanchéité placée dans les joints;
  • on se trouve en présence d’autres matériaux suspects tels que de petits condensateurs électriques contenant des PCB (tubes fluorescents), des peintures ou des plaques de recouvrement contenant des PCB.
  • un bâtiment a été fraîchement assaini. Pour l’évaluation de la pollution à long terme, suite à des mesures d’assainissement, il est recommandé d’utiliser les locaux normalement pendant 4 semaines après la fin des travaux et d’effectuer alors une nouvelle mesure de contrôle.
  • Lorsque les masses d’étanchéité contenant des PCB sont uniquement présents à l’extérieur, on peut estimer que la charge polluante n’est pas significative. Des études menées en Allemagne étayent par ailleurs cette constatation. Dans ce cas précis, il n’est pas nécessaire de procéder à des analyses de l’air intérieur.

Les PCB étaient principalement utilisés pour isoler des condensateurs et des transformateurs, mais aussi à titre d’additifs dans l’huile hydraulique ou dans des vernis, résines, plastiques, encres d’imprimerie, colles et autres masses d’étanchéité des joints.  Comme isolants électriques presque ininflammables et pour leurs excellentes caractéristiques diélectriques et de conduction thermique, les PCB ont été massivement utilisées des années 1930 aux années 1970 dans :